Vendredi 26 septembre 2008 5 26 /09 /2008 12:27

Ce blog est l'une des choses que je fais peut être le mieux, écrire me manque et vous aussi. Pour rattraper ces journées d'absence, voici d'abord quelques impressions de mes deux déjeuners dominicaux à l'Atelier de Robuchon.

Un festin, au prix d'une longue attente parfois…… J'ai eu la chance d'être invitée et de goûter des produits d'une qualité exceptionnelle. On a beau être dans un deux étoiles, le cadre se veut informel: nous sommes assis à un bar qui donne sur une cuisine ouverte, et le service pas du tout guindé: les plats sont passés avec le sourire par-dessus le rebord du bar.
                 
Le concept invite lui aussi à la convivialité: les plats sont servis en différentes portions et l'on se retrouve à picorer dans l'assiette du voisin. Très vite on se sent à l'aise, et très vite on se régale.

Lors du premier déjeuner, j'ai goûté entre autres le homard bleu breton grillé et la sole meunière, tout simplement fantastiques.
     
       
   
J'ai terminé par le soufflé à la Chartreuse et glace pistache, si bon et léger qu'on en mangerai bien un deuxième.
     
   

C'est parfois bon d'abuser des bonnes choses, me voilà de retour chez Joël une semaine plus tard, même jour, même heure, même complices. Rebelotte pour le homard, puis de la viande pour changer: une araignée de bœuf aux échalottes, servie avec la célèbre purée Robuchon.

 
     
Une viande comme ça rendrait carnivore le plus convaincu des végétariens! En dessert je succombe au Chocolat, quel délice…
    
    

Gourmands comme nous sommes, nous poussons le vice jusqu'à partager un deuxième dessert! Ce sera la collection de tartes: chocolat, caramel (d'un fondant incroyable), tatin, citron, canelle...

 

Une adresse qui se mérite, il faut être patient...
En Aout j'avais testé le menu Club de la Table de Robuchon, une bonne affaire.

 


L'Atelier de Robuchon
5 rue de Montalembert
75007 Paris
Pas de réservation...
         

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Commentaires

Hum le soufflé pistache ou le dessrt chocolat me font saliver
malin tiens ! j'ai bavé sur mon tee shirt...

PS : toi aussi tu m'as manqué...ah c'est pas à moi que tu parlais ? ok...
Commentaire n°1 posté par Amelie le 26/09/2008 à 14h04
Merci!
Réponse de Moi le 27/09/2008 à 09h01

J'en avais déja parlé sur le blog de Chrisos, mais J. Nossiter a dit beaucoup de mal de l'Atelier dans son dernier bouquin, le Gout et le Pouvoir. Voici quelques extraits, pour etre plus précis que la derniere fois:

"
A l'Atelier de Robuchon

La carte des vins arrive. C'est lourd dans les bras. Je vois tout de suite qu'il y a beaucoup de vins proposés au verre. C'est l'équivalent d'une cave avec beaucoup de demi-bouteilles. Apparemment, on est dans le partage, le vin au verre étant une porte d'entrée démocratique. [...]

 

Ici, c'est un geste populaire qui domine la carte des vins: douze blancs et douze rouges sont offerts au verre, avec beaucoup de vins de pays. Ça me surprend: il semble y avoir un effort de démocratisation dans les choix aussi. Puis je regarde les prix. Ce n'est pas possible. Je suis estomaqué. Les prix sont hallucinants... antidémocratiques même! Un bourgogne, haute côte-de-nuits blanc, qui est parmi les appellations les plus simples de la Bourgogne, d'un producteur à mon goût moyen, Jayer-Gilles, à 17 euros le verre. Le verre! C'est scandaleux. Ce verre coûte au restaurant au maximum 1,50 euro. Plus de 1 000% d'inflation (la norme est 250-300%). Je ne comprends pas. Pareil pour le pinot blanc d'Albert Mann, un excellent vin. Mais la bouteille doit revenir à peu près à 6 euros; or ici, c'est 13 euros le verre!!! 1 300% de marge!!!! Là, on punit le client qui souhaite du vin. On profite des ignorants et on se moque de ceux qui savent, constat assez juste après tout, qui reflète d'ailleurs notre démocratie politique.

 

Joël Robuchon à Las Vegas

En 1998, Joël Robuchon avait annoncé sa retraite à grand renfort médiatique. Huit ans plus tard, entre des affaires au Brésil, en Thaïlande, un restaurant à Macao et deux autres Atelier, à Tokyo et à New York («jamais de filiale à NY», avait-on pourtant cru), il vient de faire une autre volte-face étonnante. Ayant déclaré la mort de la cuisine «trois étoiles», il vient d'ouvrir, à côté d'un troisième clone de l'Atelier, un restaurant «trois étoiles» à Las Vegas (au MGM Grand Hotel). Lieu, sans doute, pour ce grand chef de marque française, d'anonymat. Lieu, pour d'autres, du désespoir absolu. En tout cas, que veut dire celui qui a déclaré la démocratisation du luxe, en proposant un menu à 400 dollars par personne à Las Vegas? Ici, à l'Atelier de Robuchon, version «Paris», on est dans l'ultime avatar d'une industrie qui répond aux canons de la productivité. Effectivement, plusieurs services se succèdent, plusieurs fois par jour, sans réservation, dans un quartier fréquenté à la fois par les touristes et par les gens qui ont de l'argent. Et en bout de chaîne on a le vin, produit de consommation de luxe, déconnecté de cette idée de plaisir ou de découverte. Ce lieu est représentatif de la vague (pas seulement française, mais mondiale) de la transformation du plaisir en produit efficace de consommation, d'un luxe qui est le pendant du luxe de la consommation de masse. C'est-à-dire que c'est la même chose, sauf que c'est «meilleur» et plus cher. Mais au fond, c'est le même réflexe. Donner à tous ceux qui en ont les moyens ce qu'ils peuvent consommer de manière rapprochée, serrée, et avec l'idée d'une certaine uniformisation rassurante (y compris dans le décor)."

Qu'en pensez-vous (je parle a Oanese mais aussi a ceux qui y ont pu y manger)? Moi, pas grand chose vu que je n'y ai jamais mangé, meme si j'aurais tendance a adhérer a la théorie de l'uniformisation du luxe (comme du reste).
Sinon le bouquin est intéressant pour ceux qui aiment tout ce qui touche a la gastronomie, qu'on adhere ou pas aux theses de Nossiter (qui est assez partisan, il faut le reconnaitre). Mais son bouquin lui permet de relativiser et expliciter certains points qui pouvaient sembler un peu "extremiste" dans Mondovino (film tres sympathique également).

Commentaire n°2 posté par mixlamalice le 26/09/2008 à 21h31
En effet si le prix des vins au verre est tel, c'est scandaleux! A 3 nous prenions une bouteille et ne nous sommes pas posé la question. Tout cela est malheureusement très français.......

A Paris l'ambiance n'est surement pas la même qu'à Las Vegas. J'ai apprécié d'être bien assise sur la chaise de bar (c'est rare), la vue sur la cuisine (à l'arrivée du chef ça c'est clairement tendu!).

Nossiter n'a pas vraiment tort, c'est de la consommation de masse version luxe. Qu'on est bien content de trouver un dimanche à Paris, où très peu de bonnes adresses sont ouvertes.
Réponse de Moi le 27/09/2008 à 09h01
Oups, je m'aperçois que dans les extraits ci-dessus il n'est pas vraiment fait mention de la nourriture. D'apres mes souvenirs, Nossiter reproche principalement aux mets d'etre "sans ame", un consensus a la rencontre de différentes cultures pour faire plaisir a tout le monde et pour pouvoir exporter le concept de Singapour a New-York sans avoir a trop se fatiguer. C'est un peu, je crois, ce que reproche F. Simon a G. Ramsay également.

Sinon, je ne comprends décidément pas cette nouvelle politique dans les lieux branchouilles de ne pas prendre de réservation. Est-ce que cette "démocratisation" (dans un endroit ou on va claquer 150 euros) a pour but de faire ressentir au client fortuné ce que ressent le pauvre qui fait la queue au McDo? Sous couvert de "concept", je trouve ça méprisant de la part du restaurant, mais surtout avilissant de la part du consommateur d'accepter de rester sagement en rang d'oignons en attendant son tour comme a la Poste. Encore s'il y a un bar, mais quand comme au Comptoir du Relais les blaireaux attendent dehors sur le trottoir... on se croirait en URSS, sauf que les manteaux sont en cachemire.
Commentaire n°3 posté par mixlamalice le 26/09/2008 à 22h38
Concernant la nourriture: les produits que j'ai goûtés n'étaient pas cuisinés de manière particulièrement élaborée (homard, sole, boeuf etc) ce qui peut être une façon de montrer qu'ils sont très bons. Qu'ils se passent de commentaire en quelque sorte.
Pour exporter ce goût il faut trouver partout ces produits, c'est la cuisine/gastronomie française qu'on exporte finalement. Alors consensus je ne sais pas, pour moi si c'est partout pareil ce n'est pas de la fusion mais bien de la French cuisine.
Je me souviens avoir dîné au Spoon de Hong Kong et avoir été "déçue" car je n'étais pas là pour manger du foie gras, j'aurais préféré des plats chinois. Il suffit de le savoir...... Et c'était néanmoins très bon.

Concernant l'accueil: on a eu de la chance la 1ère fois, pas la deuxième. Seule ou à 2 j'aurai râlé et serais partie c'est clair. Il ne s'agit pas de démocratisation mais de maximiser le remplissage de la salle (ça fait mieux vu de dehors, le restaurant étant complètement vitré). En plus il y a des passe-droit ce qui est encore plus énervant. Il y a bien le bar de l'hotel mais le service est nul et on a l'impression d'être dans une salle d'attente de luxe. Bref, je suis d'accord avec toi!
Réponse de Moi le 27/09/2008 à 08h54
Ah !! Oanèse est de retour... La plume très en forme et avec de jolis morceaux :)
Commentaire n°4 posté par Aude le 27/09/2008 à 00h41
Merci! J'ai hâte que tu nous racontes vos superbes vacances!
Réponse de Moi le 27/09/2008 à 08h42
Ne mégotons pas, tout cela a l'air bien bon et ce resto fait partie de mon interminable liste pour le retour en France. En ce qui me concerne, apres la féerie new-yorkaise, je redonne une chance a la haute gastronomie bostonienne: Clio ce soir. http://www.cliorestaurant.com/
Je place beaucoup d'espoirs dans le menu dégustation qui est parait-il dans la veine d'un Gagnaire (14 plats "créations" qui changent d'une assiette a l'autre en fonction de l'humeur du chef).  
Commentaire n°5 posté par mixlamalice le 27/09/2008 à 19h52
Tu te fais rare !

Juste un petit commentaire sur la citation de Nossiter : où donc a-t-il vu des vins servis au verre à 1,50€ ??? Dans les restaurants, les bon vins au verre se négocient davantage entre 5 et 8€, sachant que c'est rarement du premier choix. La marge est certes importante mais s'appuyer sur ce type de démonstration me paraît un peu baisé.
Commentaire n°6 posté par Mr Lung le 28/09/2008 à 20h10
Ah ben si Nossiter a été surnommé le Michael Moore du vin, c'est aussi, probablement, pour sa propension a ne pas toujours etre dans la mesure et l'impartialité totale... Mais bon, le coté marseillais est parfois préjudiciable, mais il ne faut pas pour autant oter toute valeur a la démonstration non plus.
Commentaire n°7 posté par mixlamalice le 29/09/2008 à 01h53
Décidement, tu te mets aux erreurs de la nature. D'ici que tu me concurrences pour le crabe à la vinaigrette (moutardée of course) avec pain de seigle et beurre salé.
Cela me donne faim !
Vive ton blog !
Commentaire n°8 posté par Pap' le 29/09/2008 à 12h10
aller à l'Atelier de Robuchon à NYC, LAs Vegas ou au Japon, peut paraitre un peu bête, certes, mais si l'on beut de la très bonne cuisine française (et pas de la fusion trendy merdique), c'est un très bon choix. Après, en ce qui me concerne, je ne vois pas trop l'intérêt, si je suis juste de passage dans ces villes.
Mais si j'habitais là bas, je pense que j'irais y déjeuner de temps en temps...
Commentaire n°9 posté par Chrisos le 29/09/2008 à 17h43

Envie de...

C'est si beau!

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