Mardi 22 avril 2008
2
22
/04
/Avr
/2008
09:03
Rares sont ceux qui savent que l'on peut déjeuner pour un prix raisonnable (je n'ai pas dit modique) au
restaurant de haute gastronomie du célèbre palace parisien. C'est grâce à Stéphane
qui y est allé il y a quelques semaines que nous l'avons appris, il nous avait mis l'eau à la bouche, réservation fut donc prise pour mardi,
12h30.
En pénétrant dans le hall du Crillon, je suis intimidée par le marbre et les dorures ; l'endroit est majestueux, pas
de doute il s'agit bien d'un palace! Je n'ose pas prendre de photo et demande où se trouve le restaurant. Je suis la première arrivée, on me propose la presse (les Echos ou le Parisien, je prends
les Echos) pour patienter. J'ai posé mon sac sur un petit tabouret destiné à cet effet, il en soupire d'aise, mon sac. La salle brille de mille feux, les tables sont disposées à bonne distance
les unes des autres et dressées au cordeau. Argenterie, fleurs fraîches, nappes et serviettes repassées, personnel jeune et aimable: on se sent presque comme à la maison... ;)
Chrisos arrive, on nous propose un apéritif que nous refusons (je suis en pleine construction d'une usine excel, besoin de rester concentrée!). Après avoir vaguement consulté la carte nous
commandons deux menus déjeuner et deux verres de vin, dont un excellent Montlouis 2005 pour moi.
Les amuse-bouche arrivent: émulsion de betterave (j'adoooore la betterave, et ça me rappelle mon
héros Alain Passard), langoustine en émulsion, "boulette" de brandade de morue (surprenant et bon),
cigare au taboulé (pas mal), bonbon de beurre à la truffe (hummmmmmm) à tartiner sur une baguette toastée. Avec une
gorgée de vin (décidément j'ai bien choisi!) c'est divin!
A propos de boisson, nous avions commandé une eau plate mais demandez une carafe d'eau! Elle a une drôle de forme de fusée d'Hergé! Par
contre on vous ressert à peine vos lèvres touchent le verre, c'est un peu exagéré à mon goût...
On passe aux entrées: araignée de mer décortiquée en salade vinaigre fumé et en bouillon au saté pour Christophe, foie
gras de canard des Landes en chaud et froid, maïs/pop corn pour moi.
Bu seul, le bouillon (à droite sur la photo) est fort, il faut commencer par un cube de foie gras. Le contraste est pas mal, la deuxième préparation en revanche masque le goût du foie gras, à moins
que ce dernier ne soit un peu trop doux.
Autour de nous je suis étonnée de ne pas voir d'hommes d'affaires mais deux touristes japonaises, une famille, quatre américains, deux femmes (françaises?) et plus loin une autre grande table.
Le temps de goûter le pain tartiné de beurre Bordier demi-sel, nos plats sont servis: ris de veau de lait blanc/brun au goût d'une
pissaladière, bar de ligne piqué au vin jaune/morilles/riz au comté. Là encore de belles présentations servies avec attention.
Niveau goût c'est bien, mais ça manque de… sel! Le bar et le riz (servi à part) auraient mérité une pincée supplémentaire au moment de leur cuisson, et pourtant je suis habituée à manger très peu
salé. Par conséquent, et malgré la délicieuse sauce morilles et vin jaune, mon plat semble un peu fade. Je le signale à la serveuse qui nous débarasse et revient nous servir en fromage.
Conservés sous de magnifiques cloches en verre à la poignée sculptée et colorée, une bonne quinzaine de fromages sont proposés et servis avec
une tranche de pain aux céréales. J'en choisi quatre: un chèvre rose, du livarot, de la fourme d'Ambert et une sorte de reblochon, tous excellents.
Un esquimau au Malibu est ensuite servi avant de passer au sucré, puis le serveur apporte une assiette de mikados à faire soi-même: des bâtons à tremper dans une crème de chocolat noir puis dans
une coupelle de sucre pétillant. C'est bon et super marrant car le sucre pétille énormément! Je remarque au passage que si les serveurs sont obligés de respecter un protocole très contraignant, ils
savent parfaitement s'adapter à leur client: ils ont été plutôt décontractés avec nous, tant mieux!
On nous apporte ensuite les mignardises présentées dans une magnifique bombonnière en argent, sûrement de chez Christofle (je veux la même pour mes bijoux, hi hi hi!): mini-génoises à l'orange recouverte d'une feuille de chocolat, excellents et délicats macarons à l'ananas et délicieux feuilletés à la framboise, il y a de quoi faire et c'est bon….. Hummmm.
Les desserts arrivent peu après: paquet-gateau chocolat-banane pour moi, vacherin rhubarbe/fraises des
bois pour Chrisos.
Le vacherin est particulièrement réussi, notamment du point de vue esthétique, pour le goût je préfère mon dessert, recouvert de feuilles de sucre et dont la glace à la banane, le biscuit au
chocolat et le praliné sont excellents.
Résultat des courses: une nette préférence pour le sucré et ses préparations aussi belles qu'originales et savoureuses. De l'amuse-bouche au dessert tout s'enchaîne à un rythme parfait et on
ne voit pas le temps passer (compter une bonne heure et demie), c'est bon signe!
En bref: une adresse qui vaut le coup pour voir ce que c'est un restaurant de haute gastronomie dans un palace, pour le protocole (j'étais stressée pour les serveurs au début, ces petits
jeunes à peine majeurs!), pour le cadre et pour se sentir une princesse, mais pour le rapport plaisir-prix, rien ne vaut mon chouchou le Passage de Senderens!
RESTAURANT LES AMBASSADEURS
à l'Hotel le CRILLON
10 Place de la Concorde
Tel: 01 44 71 16 16
Menu déjeuner à 88€ hors boisson du mardi au vendredi.
Très bel endroit, c'est bel et bien le style palace. Cuisine qui ose et qui réussit très souvent. Une petite réserve sur le mix anchois dans la pissaladière + ris de veau.
Par contre, même s'il est vrai que le service s'est adapté, j'ai un peu retrouvé les lourdeurs que je reproche aux grands restaurants (notamment le harcèlement au verre d'eau rempli).
Les desserts et mignardises étaient extra, le reste très bon, formule "déjeuner" oblige, les choix sont limités!
Les vins au verre sont entre 15 et 30€ environ, mon délicieux Montlouis était à 16€ si mes souvenirs sont bons.
Ca vaut le coup si tu veux impressionner quelqu'un!
et toutes ces mignardises, impressionnant la quantité servie !!
Bon, ben y a plus qu'à...
Je vais d'ailleurs rajouter dans mon article que les plats s'enchaînent à un rythme parfait et qu'on ne voit pas le temps passer. Et puis si tu en as assez de parler business l'endroit est un beau sujet d'échange.
Juste un point en ce qui me concerne pour le rapport plaisir-prix, je ne partage pas ton avis. Tu ne peux pas comparer Piege et Banctel, deux cuisine complement opposée. Et tu imagines bien que les produits ne sont pas les memes pour 88 euros au Crillon et 35 euros au Passage, comparons ce qui est comparable.
Piege et Alleno deux formules a 90 euros, cette comparaison arrive puisque j'ai eu l'occasion d'y dejeuner la semaine derniere.
Bonnes vacances....
Stéphane
;)
Vous remarquerez peut-etre qu'elle parle de rapport plaisir-prix pour justifier sa comparaison (et pas d'un rapport qualite-prix qui il est vrai a ses limites quand on compare Flunch et l'Ambroisie). Ca vaut ce que ca vaut mais au moins ca a clairement le mérite d'annoncer que c'est subjectif (le plaisir c'est subjectif ou est-ce que je suis obligé d'éprouver plus de plaisir en mangeant chez Piege que chez Senderens, en allant voir Paranoid Park plutot que Transformers ou en lisant James Joyce au lieu de Helen Fielding?)
Bises de Thailande
Vous parlez d'un repas a 35 euros contre un a 90 euros, Connaissez vous au moins la composition de ce repas et les produits proposés pour ce prix?
La comparaison aurait été faite sur le gastro du Senderens j'aurais pu comprendre cette comparaison mais la non je suis désolé. C'est comme si l'on comparait le burger de MacDo et celui du Dali...
On n est pas dans le cadre d un jugement culinaire la, mais dans un jugement de plaisir. Vous savez ce que c est? Parce qu a force de tout theoriser, ramner a la technique au vecu a l histoire du chef et de sa famille aux travers des ages, ce qu il a voulu transcrire, la transcendance du ris de veau etc, j imagine que le simple fait de passer un bon moment a table doit etre loin de vos preoccupations.