Ma vie à Paris

Mercredi 18 novembre 2009 3 18 /11 /Nov /2009 11:27
Depuis octobre je me suis remise à la natation. Tout a commencé au Liban, à la très agréable piscine olympique d'eau de mer de l'ATCL. Un matin je me mets en tête de nager 1km. Quelle idée, j'ai cru mourrrrrrrrrrir. Je ne trouvais pas mon souffle et me sentais lourde à cause du gargantuesque petit déjeuner (jebné, tomates, concombre, labné...) ingurgité juste avant. Ayant constaté la dégradation de ma condition physique (et pourtant, je cours!), je m'y recolle le lendemain. Après un petit déjeuner frugal, ça va déjà mieux et me voilà motivée pour continuer à Paris.


Là, c'est tout de suite moins glamour. Finis l'eau de mer, le soleil, les transats pour récupérer. Je nage dans un bassin de 25m où une seule file est réservée aux nages dites "rapides", dos et crawl. Rare sont les créneaux où l'on peut nager tranquillement, ou plutôt sans être enquiquiné par les boulets nageurs. J'en ai identifié plusieurs catégories.

La desperate housewife
Elle possède l'équipement dernier cri: planche profilée, mini-palmes, maillot high tech, bonnet hydrodynamique. Le problème c'est qu'elle nage len-te-ment, presque avec nonchalance. Si elle pouvait observer ses mouvements dans un miroir elle adorerait. Elle aime beaucoup peaufiner sa "technique", peu lui importe si elle n'est pas dans la bonne file. La voilà donc sur le dos, planche à bout de bras, à enchaîner des mouvements de brasse avec les jambes. Elle a beau faire la taille d'une crevette, elle va au maximum d'amplitude comme si elle voulait empêcher qu'on la double. La technique: arriver en crawl, heurter maladroitement sa jambe du bras droit, accélérer les battements de jambes une fois à sa hauteur pour l'arroser.

L'hippopotame des piscines
Sa femme, ses enfants, ses copains se moquent de son embonpoint ; sur les conseils de son médecin ("vu votre surpoids, ne pas trop solliciter les articulations...") il a décidé de se mettre à la natation. Son amour-propre l'a orienté vers la file nage rapide. Malheur! Quand vous apercevez la créature sous l'eau, vous êtes sur le point d'appeler le maître nageur: il y a une espèce inconnue dans la piscine ou quelqu'un est en train de se noyer. Il nage le dos crawlé et la brasse quasi à la verticale. Quant au crawl, il n'a pas compris que les deux bras doivent enchaîner les mouvements et que le but du jeu n'est pas de provoquer un maximum de remous. Vous le doublez x fois, même en brasse de récupération.... Pour rigoler vous pouvez le doubler en apnée, par en dessous, pour qu'il comprenne.

Le dragueur
Après avoir essayé tous les terrains de chasse, il s'attaque aux piscines municipales. Après tout, il peut facilement juger la marchandise. Il a le maillot de bain du dimanche et des lunettes pour enfants, normal il n'est pas là pour nager. Vous le retrouvez donc à chaque aller-retour en train de baratiner avec des nanas qui elles non plus ne sont pas là pour nager et croient que les grosses fesses ça disparait au seul contact de l'eau chlorée. "Vous êtes jumelles?", "tu viens d'où?". Le problème c'est qu'il squatte le bord du bassin, ce qui gêne les gens qui eux sont là pour nager. Technique gentille pour s'en débarrasser: "vous ne voulez pas discuter dans la file d'à côté?" (file de l'aquagym, occupée seulement au centre du bassin). Techniques vicieuses: en dos crawlé, lui envoyer le bras dans la figure, en crawl virer sous l'eau et prendre appui à moitié sur lui pour repartir (très vicieux: viser l'entrejambe).

Le contortioniste
Repérable en surface par les tourbillons qu'il provoque, c'est néanmoins sous l'eau qu'on observe le mieux ses mouvements. Les jambes partent dans tous les sens, les bras frappent l'eau, la taille se tord à chaque mouvement. Le contortioniste arrive même à battre des jambes avec un pull-buoy! Efficacité nulle, parfois on se demande même s'il avance ou recule. Pour le doubler il faut être prudent car on n'est pas à l'abri d'un coup. Il faut donc s'écarter le plus possible et le dépasser en quelques mouvements pour lui montrer que ça ne sert à rien de se battre contre l'eau.

Tout ça pour dire que je ne suis pas intolérante mais j'aimerais bien que les tortues restent avec les tortues et n'avoir qu'à suivre les poissons pilotes....
  
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Mardi 17 novembre 2009 2 17 /11 /Nov /2009 16:23
Ah l'Irlande, ses irlandais aux craquantes tâches de rousseur, ses vaches, sa bière (beurk), Dublin, U2... J'aime de plus en plus l'Irlande et le fait que la gastronomie nationale soit appétissante y contribue sérieusement. Ajoutez à cela une ambassadrice passionnée, une dégustation de fromages et le tour est joué.

C'est ce qui s'est passé hier soir au Centre Culturel Irlandais où j'ai participé à une conférence dans le cadre des journées du livre européen. La pétillante Regina Sexton, historienne culinaire (quel beau métier!), auteure de "A Little History of Irish Food", a retracé en une heure et demi le panorama culinaire de son cher pays. Avec un enthousiasme contagieux, elle a mis l'eau à la bouche de son auditoire qui se souviendra longtemps que c'est en 1666 que parut le premier recueil de recettes irlandaises. On retiendra par ailleurs que les irlandais ne mangeaient pas que des patates mais aussi beaucoup d'avoine et que le lait irlandais, tantôt épais ou clair, faisait partie du régime quotidien. Et pourtant la production fromagère n'est que récente, et ce n'est il y a quelques dizaines d'années seulement qu'un effort a été porté sur la qualité des fromages, souvent sous l'influence de gourmets/producteurs étrangers (allemands et autrichiens par exemple).

En récompense de notre attention, nous avons ainsi goûté deux fameux fromages de la verte irlande dont le Cashel Blue, un bleu crémeux que j'avais découvert grâce à Bord Bia et dont je me régale dès que l'occasion se présente. Un beau morceau déposé sur un cracker et je voyage.
     
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Vendredi 23 octobre 2009 5 23 /10 /Oct /2009 12:29
Expo Soulages hier soir donc, comme vous avez pu le lire ici. Ca se passe au Centre Pompidou, c'est noctune le jeudi soir jusqu'à 23h et ça coute 12€ (rien pour les chômeurs).



J'ai découvert ses premières années et le brou de noix avant de plonger dans son univers de lumière noire. Les toiles de Soulages provoquent l'étonnement sur leur technique et leur sens. J'aime beaucoup pour ces deux raisons, parce qu'on peut les voir des près, observer les bulles d'acrylique, les traces de pinceau ou d'objet et bien sûr les reflets. (Et la poussière aussi.)



On longe, on s'avance, on recule, sans quitter des yeux ce noir qui passe du mat au brillant, du profond au scintillant. Ces toiles sont une approche de l'infini : chacune est unique puisqu'elle dépend du regard, ce qui en fait autant de possibilités que de regards. L'oeuvre existe donc selon le temps et l'espace présents. Intéressant, non?

Je trouve qu'il se dégage aussi une forme de sensualité de ces toiles noires, on a envie de les caresser, de suivre leur contour de la main. Effets de la matière, de la couleur et de la forme.

Pour finir un tour chez les Surréalistes, drôles et dérangeants à souhait.
      

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Mercredi 3 juin 2009 3 03 /06 /Juin /2009 12:22
La ligne 13 c’est la ligne la plus exotique de Paris : on y croise des gens de tous âges, de toutes les couleurs, de toutes les nationalités. Si elle n’était pas repoussante de vieillesse et souvent de saleté, un japonais en mal du pays pourrait s’y réfugier le matin pour subir la pression exercée par les 7 autres voyageurs qui partagent le même mètre carré.

Les chanceux qui prennent cette ligne et passent par la Gare Saint Lazare ont sûrement remarqué qu’aux heures de pointe une voix répète inlassablement « afin de faciliter l’échange de voyageurs, veuillez laisser descendre avant de monter. Veuillez laisser descendre avant de monter ». Cette voix microphonée appartient à un homme plutôt petit, généralement entouré de collègues de la RATP plus grands que lui. C’est assez drôle, surtout si à ce groupe s’ajoutent des agents de sécurité baraqués. Le 13ème homme annonce également la direction du train, direction que j’imagine soufflée à son oreille par ses acolytes de grande taille qui voient arriver le train de loin, car lui, caché derrière la foule, ne l’apercevrait qu’au dernier moment. Il arrive aussi que lorsque les sardines sont bien tassées à l’intérieur du container wagon, le 13ème homme déclare « attention au départ, attention à la fermeture des portes » précédant le démarrage du métro.

C’est parti les amis! L’exigüité, ça rapproche au sens « propre » (enfin, ça dépend pour qui) comme au figuré...
  
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