Je réfléchis

Mardi 28 mars 2006 2 28 /03 /Mars /2006 09:54

Ceux qui me connaissent et les lecteurs perspicaces savent que j'ai quitté Megacorp pour travailler chez Smallbiz. (Bien que Smallbiz soit la filiale d'une Megacorp, elle reste une entreprise de taille moyenne.)

 

Je continue cependant à me poser la question suivante:

 

Qu'est-ce qui pousse des jeunes diplômés à choisir Smallbiz plutôt que Megacorp?

 

Je discutais ce week end avec une amie qui a fait le choix à la fin de ses études de travailler dans une Smallbiz plutôt qu'une Megacorp très connue. Elle m'a dit "je m’y voyais d'avance, coincée entre Micheline et Jean Pierre..." alors que Smallbiz lui paraissait tellement plus jeune, plus dynamique. Elle a pensé ce que je me suis dit moi aussi en démissionnant de Megacorp: on est jeunes, c'est maintenant qu'on peut booster notre carrière et prendre des risques.

 

Pour choisir Smallbiz il faut donc avoir de l’ambition et le goût du risque. En effet, ce n’est pas chez Megacorp, qui est ultra hiérarchisée et où tout est prévu, calculé que vous relèverez les défis les plus intéressants. Chez Smallbiz vous avez rapidement une vue globale de l'entreprise et comprenez les tenants et aboutissements du business. Vous devez être opérationnel et mettre les mains dans le cambouis. Il faut être débrouillard pour travailler chez Smallbiz, casanier pour travailler chez Megacorp. En général, Megacorp offre un autre avantage par rapport à Smallbiz: le prestige. Tout le monde connaît Megacorp et en déduit (naïvement) qu'il y fait bon travailler. Et, last but not least, Megacorp paye mieux que Smallbiz...

 

La conséquence de cela est qu'un jeune diplômé ira plus volontiers chez Megacorp du fait de son aversion au risque et de son besoin de reconnaissance. Un bon compromis est la filiale d'une Megacorp, si elle est assez "petite" et assez loin géographiquement de la maison mère...

 

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Mardi 28 mars 2006 2 28 /03 /Mars /2006 09:00

Les Diplômés de Grandes Ecoles sont l'objet d'un lavage de cerveau intensif (qui a commencé en prépa). On entre à la Super Ecole de Commerce en voulant tous faire du marketing chez Danone ou L'Oréal, on en sort en voulant faire du marketing chez Danone ou L'Oréal ou de la Finance à la Société Générale.
Le reste? Boh...

Les 3 ou 4 années d'études vous apprennent plein de choses utiles et je suis la première a reconnaître l'excellence de la formation dont j'ai bénéficié. Mais je trouve que la Super Ecole de Commerce place l'entreprise sur un piédestal, nous pousse à croire qu'en dehors d'elle point de salut et que tout y est génial.

Le DGE ne connaît donc rien du monde du travail malgré ses petits stages. Il croit qu'il sera payé rubis sur l'ongle, que l'entreprise sera reconnaissante pour ses bons et loyaux services, que les collègues seront sympas, bref Megacorp représente pour lui une sorte de paradis. Plein d'illusions et les dents longues, il attend avec impatience sa nouvelle vie de jeune cadre dynamique.

La réalité est tout autre. Le DGE comprend que c'est la crise et qu'il devra accepter le salaire qu'on voudra bien lui donner, que ses nouveaux collègues le verront bien souvent comme une menace et que l'entreprise est le royaume des planqués et autres incompétents. Dans le meilleur des cas il a décroché un CDI, dans beaucoup d'autres il a commencé avec un stage et/ou un CDD puis peut être un CDI.

Autour de moi ce ne sont donc que désillusions et prises de conscience un peu brutales. Il y a ceux qui enchainent les CDD, ceux qui cherchent désespéremment le job idéal et ceux qui, comme moi, qui vont d'une entreprise à l'autre en croyant toujours que si, une belle entreprise ça doit exister.

 

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Jeudi 23 mars 2006 4 23 /03 /Mars /2006 11:42

L'entreprise, et en particulier la très prestigieuse "grande entreprise" (tiens tiens,  comme les "grandes écoles") est-elle La Bonne Planque?

 

Je ne vais pas disserter sur l'incompétence, ses fondements, ses manifestations et ses conséquences ici, mais je vais te faire part, cher lecteur, de mon expérience.

J'ai travaillé dans plusieurs grands groupes malgré mon jeune age et j'en ai tiré les conclusions suivantes:

- plus l'entreprise est rentable, plus le taux de "planqués" est élevé

- plus on est prêt du Siège, plus le taux "planqués" est élevé

- un passé d'entreprise "publique" entraine, devine un peu... un taux "planqués" très très élevé

 

Exemple:

Une entreprise qui construirait, au hasard, le plus gros avion du monde. Parmi ses dizaines de milliers d'employé, le tiers, allez je suis gentille, le quart passe une bonne partie de son temps à compter les nuages.

Beaucoup de personnes font le même travail sans le savoir, s'estiment over-débordés en faisant 9h-19h avec 2h de pause déjeuner, 5 cafés et 2 récrés... Le brassage d'air est intensif, mais c'est peu être lié au secteur... Hi hi hi.

Des méthodes de travail d'un autre âge y survivent, la bureaucratie permet à des dizaines de personnes de faire semblant de travailler.

C'est surtout le nombre d'employés qui dilue les responsabilités et les tâches. Tel "responsable" passe sa journée à arroser les plantes et psychanalyser ses collègues, tout ça pour un salaire d'ingénieur...

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