Je réfléchis

Mercredi 25 octobre 2006 3 25 /10 /Oct /2006 11:19
Jeudi soir dernier je prends le métro avec une amie et nous rencontrons par hasard un ami à elle qu’elle n’a pas vu depuis longtemps. Après les salutations d’usage nous en venons à « tu fais quoi maintenant ? » en bons anciens de grandes écoles de commerce. L’ami en question travaille dans une grande banque française. Et comment cela se passe-t-il ? « super, on a une convention collective de fous ! 16 semaines de vacances ! » répond-il avec le sourire jusqu’aux oreilles.
Là, je me sens défaillir. Je ne peux m’empêcher de lancer « c’est pas possible ! Mais c’est ça la France ? » et pour moi-même : « il faut que je parte ».

Après la folie des grandeurs des années 80 puis de la bulle Internet, l’éclatement de cette dernière et les 35h, voici ce qu’il reste de l’avenir de la France. Des jeunes de 28 ans qui choisissent leur travail en fonction de la convention collective.

Juste revanche sur le Grand Capital qui enrichit les plus riches et écrase le reste ? On a pu lire dans des journaux que les jeunes avaient parfois vu leurs parents virés du jour au lendemain après des années de bons et loyaux services, c’est pourquoi ils auraient décidé que pour ne jamais vivre la même chose il fallait trouver « la bonne planque » le plus tôt possible et en profiter au maximum en travaillant un minimum.

Quand les 35h ont été votées, j’étais très contente comme beaucoup de mes amis. J’étais étudiante et je trouvais normal que le travail occupe une part de plus en plus réduite de notre temps (comme ça je pouvais continuer à faire la fête). Je pensais que la France était pionnière, qu’on vivait une sorte de nouvelle révolution industrielle. En réalité nous rendions les armes dans la bataille économique et commencions notre recul sur la scène internationale.

Nous avons oublié la valeur du travail. Les 35h, la fiscalité défavorable, le manque d’aide à la création d’entreprise constituent autant de raisons de rêver d’être fonctionnaire.
Du côté des entreprises, ces mêmes contraintes freinent le développement: un salarié en France coûte cher, un site de production aussi. Ajoutez ceci à la pression fiscale et tout encourage à investir à l’étranger.

L’exode des cerveaux continue, les délocalisations s’accélèrent, on remplit les universités et les écoles d’aspirants fonctionnaires futurs chômeurs.
    
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Mardi 3 octobre 2006 2 03 /10 /Oct /2006 14:50
Dimanche soir dans Capital: 77% des jeunes veulent être fonctionnaires.

Y a-t-il statistique plus déprimante? Cela en dit long sur le "moral des jeunes"...

Déjà qu'en atterrissant à Roissy (pour ceux qui ne suivent pas: je rentre d'1 semaine à Hong Kong puis 1 semaine à New York) je me demandais ce que je revenais faire ici, là j'ai vraiment failli repartir.
Direction Hong Kong, Shanghai, New York, Dubai, Londres, Dublin, n'importe quel endroit où les jeunes rêvent d'autre chose que d'une vie bien rangée et bien confortable.

Je n'ai rien contre les fonctionnaires (Mam', continue à lire mon blog! je sais que certains fonctionnaires travaillent d'arrache pied et je les admire pour cela, je pense à des profs, aux professions médicale etc), mais quand même à 25 ans on ne rêve pas de sécurité de l'emploi, d'horaires bien rêglés et de carrière toute tracée? Si? NON!!!


En tout cas pas moi. A 25 ans j'ai démissioné de la boîte privée la plus fonctionnaire qui soit (et depuis elle se casse la figure...). Pour certains j'étais folle, pour d'autres, simplement normale. D'autres encore ont admiré mon courage (je les aime bien ceux-là).

Si on ne prend pas de risque à 25 ans, on le fera quand? C'est maintenant qu'il faut bouger, apprendre, changer, vouloir mieux et plus.
A Hong Kong et New York j'ai discuté avec des copains qui m'ont parlé de jobs super intéressants pour lesquels ils se donnent à fond, de projets de création d'entreprise, de carrières internationales.
A Paris on parle comité d'entreprise, 35h, RTT, grèves, interdiction d'ouvrir les magasins le dimanche...

On a peur des chinois et on a bien raison: ils en veulent, eux et vont nous manger tout crus.
        
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Lundi 11 septembre 2006 1 11 /09 /Sep /2006 09:30
J'ai ouvert une nouvelle catégorie la semaine dernière: "je réfléchis". Comme je n'avais écrit aucun article à ranger dans cette catégorie on pouvait voir Je réfléchis (0) sur la page d'accueil de mon blog. Marrant, non?

J'avais plein d'idées de sujets super intéressants sur lesquels discuter: le dérèglement climatique, les râleurs, la télé etc. Mais à cause du travail je n'ai même pas le temps d'y penser sérieusement.

La vie de bureau serait-elle la cause du ramollissement de mon cerveau? Sans doute. J'ai eu le sentiment d'être au maximum de mes capacités intellectuelles en prépa, depuis c'est comme si mon cerveau s'était ratatiné. Certes il y a eu la parenthèse italienne, pendant laquelle j'ai appris des tonnes de choses, en particulier quand je travaillais chez Bigcorp. Aujourd'hui, comment lutter contre la fonte de mes neurônes?

L'idéal étant d'avoir un esprit sain dans un corps sain, il faudrait définir pour mes cellules grises un programme d'entraînement et d'alimentation compatible avec le maintien d'un corps sain. J'ai lu dans Le Monde 2 que pour avoir des neurônes en bonne santé il faut manger de tout: petit salé aux lentilles, saucisson, salade verte etc. On entrevoit déjà un potentiel dommage collatéral corporel si je mange trop d'entrecôte-frites!

Passons à l'entraînement des neurônes. Je pourrais le coupler avec la course à pied en me passant une méthode pour apprendre le chinois au lieu du dernier Massive Attack. Ca me semble un peu difficile, il faut être concentré et je vois d'ici la collision avec Madame Pouêt-Pouêt promenant son chien.

Conclusion: la fonte des "graisses" s'accomode difficilement de mesures contre la fonte des neurônes.

Mes solutions: finir Don Quichotte, m'inscrire à un cours d'oenologie et/ou d'arabe, continuer le sport (gym suédoise?) et les mots croisés...



Eh oh, pourquoi c'est toujours écrit 0???
  
  
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Mardi 4 avril 2006 2 04 /04 /Avr /2006 16:43

J'ai eu plusieurs réactions à mes articles sur le monde de l'entreprise.

Mes caricatures (car il fallait lire mes articles comme cela) sont exagérées et incomplètes, mais non injustifiées.

 

Comme d'autres personnes autour de moi, ce que je reproche aux entreprises c'est d'avoir brisé mes rêves. J'ai fini mes études prête à me lancer avec toutes mes forces et mon enthousiasme dans mon futur travail.

Je voulais mettre mes connaissances et compétences - aussi limitées qu'elles étaient à l'époque - au service d'une entreprise en laquelle j'aurais la "foi", pour des projets dont je pourrais être fière. Bref, j'aurais tout donné.

Cette époque est malheureusement loin, depuis j'ai quitté des postes car je ne croyais plus ou pas assez en l'entreprise, par fidélité à des idéaux et pour trouver MON entreprise. J'ai cherché l'entreprise de ma vie comme on cherche le prince charmant.

A presque 27 ans je n'ai trouvé ni l'un ni l'autre mais une certitude: ils n'existent pas. Tout est question de compromis.

 

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