Opéras et spectacles

Vendredi 18 avril 2008 5 18 /04 /Avr /2008 13:34
Jeudi je tombe sur un article dithyrambique du Monde louant l'opéra de Luigi Dallapiccola, rarement joué. Le spectacle commençant à 20h et n'étant pas très connu je décide à 19h d'aller à Garnier pour tenter d'avoir une place de dernière minute. J'ai de la chance, malgré les excellentes critiques nous ne sommes qu'une quarantaine à faire la queue et j'obtiens une place à 21€ à visibilité plus que correcte.

L'opéra est précédé d'une Ode à Napoléon d'Arnold Schönberg récitée par Dale Duessing à la diction impressionante et qui se transforme de travesti en prisonnier pendant sa performance.


Après une courte pause pendant laquelle l'orchestre reprend ses quartiers, Le Prisonnier commence. Evgeni Nikitin chante avec justesse, force et émotion, son (des)espoir est poignant. Quand chante la mère, interprêtée par Rosalind Plowright, une tristesse s'empare de moi. 
  
  
Je sors un peu abasourdie de ce drame, l'histoire tragique fait (trop) écho à l'actualité et au livre de Simone Veil que je lis. Je pense à la folie et à la grandeur de l'Homme, capable du pire comme du meilleur...
    
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Lundi 14 avril 2008 1 14 /04 /Avr /2008 11:01

Je me réjouissais vendredi soir d'aller à Bastille pour la soirée Balanchine / Noureev / Forsythe; ça faisait des années que je n'avais pas vu un ballet. A 19h30 la salle n'était toujours pas pleine, et au moment du lever de rideau vers 19h35 il restait quelques places libres autour de moi.

Bizarrement, alors que le spectacle avait commencé, les ouvreuses continuaient à laisser entrer les gens, qui se placaient où ils pouvaient, sans faire d'efforts pour ne pas déranger. Ca a duré une bonne dizaine de minutes, bien plus que nécessaire pour m'énerver. Entre Balanchine et Noureev profitant d'une légère augmentation de l'éclairage, d'autres gens sont arrivés, et le bazar a de nouveau continué après le début de Raymonda. Là, dans le noir, il a fallu que je me lève, que je prenne mes affaires, que je me décale pour laisser un jeune couple bavard s'installer. Si j'avais pu je les aurais fichus dehors avec une paire de claques.
A l'entracte les retardataires ont rejoint leur vraies places et la dernière partie du spectacle s'est déroulée normalement. Enfin! Et tant mieux car Artifact Suite de Forsythe est un joli bijou moderne, déconcertant et entêtant. 
 
      
L'impression de facilité qui émane des danseurs de l'Opéra de Paris est bluffante. La scène semble être un appui éphémère que les chaussons frôlent avant un nouvel envol. Bras et jambes infinis, gestes d'une précision millimétriques, les muscles contractés, puissante expressivité... C'est beau!
J'avais oublié ces corps tendus à l'extrème, au bord de la rupture, ces corps efficaces transformés par des années de travail répétitif.


C'est drôle, au début du spectacle, le chant m'a manqué: l'absence de paroles m'a semblé une imperfection. Je préfère donc l'opéra! (Où le public est aussi plus discipliné et respectueux des autres spectateurs et des artistes...).
        

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Lundi 7 avril 2008 1 07 /04 /Avr /2008 18:01

La météo ensoleillée et printanière de ce weekend ne laissait pas beaucoup de choix pour s'occuper: ne rien faire (pas mon genre), faire les boutiques (fait le matin entre mère et filles), visiter une expo (pas envie) et aller au cinéma. 
     

Après une sieste pour me reposer du lêche-vitrine et des essayages du début de la journée, j'ai rejoint C pour monter à bord du Darjeeling Limited. Interprêté avec talent par Adrian Brody (mon chouchou), Owen Wilson et Jason Schwartzman, le film raconte l'épopée indienne de trois frères réunis pour la première fois depuis la mort de leur père. 3 frères, 3 gueules, 3 caractères qui vont s'affronter au cours d'un voyage mouvementé mais magnifique.

On a bien rigolé, on a été émus et bien sûr j'ai encore plus envie de partir en Inde (j'ai déjà regardé les sites pour faire un voyage en train…). D'ailleurs juste après, pour commencer l'immersion, on a dîné au restaurant indien Yugaraj. Miam!
        

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Lundi 31 mars 2008 1 31 /03 /Mars /2008 10:54

Pour la première fois j'étais parmi les derniers à entrer à la Bastille. Après une excellente journée (déjeuner à la Cave de l'Os à Moëlle avec Aude et Chrisos, thé à l'Artisan de Saveurs avec Claire), j'avais du courir (ou plutôt pédaler comme une malade) pour être à 20h à l'Opéra où je devais assister à Wozzeck, de Berg. Par chance j'ai même croisé Ayrton à l'entrée, en retard lui aussi.
Je ne savais rien de l'opéra que j'allais voir, si ce n'est qu'il était contemporain. Pas le temps de lire l'introduction sur internet, c'est pas très sérieux, surtout que je ne connais pas Alban Berg...

Wozzeck fut donc créé en 1925 ; Berg s'est inspiré de la pièce - inachevée - de Georg Büchner, contemporain de Wagner et Verdi. Avec Wozzeck, Büchner (qui était révolutionnaire) écrit la première pièce de théâtre où le héros appartient au milieu ouvrier, populaire.



Tout comme la première moitié du siècle dernier marque une rupture dans l'histoire de l'Art, Wozzeck prend aussi une place particulière dans l'histoire de l'opéra. L'œuvre de Berg est difficile d'accès, déconcertante: parfois assourdissante et tonitruante, montant dans les aigus, puis enfin mélodieuse avant de redevenir chaotique. Les voix aussi semblent sur le point de déraper comme le personnage principal, en proie à la folie.
La mise en scène de Marthaler (décidément cet homme est très fort!) souligne les tourments du héros dont le comportement obsessionnel causera la perte.

L'opéra se referme sur des chœurs d'enfants, qui ont suscité chez moi tristesse et optimisme. Tristesse de voir l'enfant orphelin de mère nier la mort de celle-ci, optimisme car la folie des adultes laisse place à l'innoncence des enfants... Du moins je l'imagine...


Je complète mon article suite au commentaire d'Ayrton.
Cet opéra m'a fait penser à la guerre (1939-45 surtout), à la violence bestiale des hommes, à l'absurdité de la condition humaine, à la révolution industrielle... au point que j'imaginais l'oeuvre (et la pièce) plus tardive.
Wozzeck pense trop, lui disent son médecin (qui le prend comme cobaye!) et le capitaine. Or la pensée c'est ce qui caractérise l'homme... Ici la pensée, mêlée à la folie, conduit Wozzeck à tuer.
Bref, beaucoup de thèmes abordés plus ou moins explicitement (y compris la religion, quand Marie cite la Bible), mais une oeuvre complexe qui demande des clefs pour être pleinement appréciée. Ce que je n'avais pas...
          

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